Partir sans date de retour, c’est flippant mais si vous vous plongez à fond dans l’organisation vous allez vous rassurer, vous et vos proches 😖. Revoyons ensemble les points par lesquels nous sommes passés avant de nous expatrier.
Quitter son CDI
Ça, c’est la partie réjouissante d’un départ sans date de retour et la partie émouvante, quand ça se passe bien depuis des années. « Au revoir président » c’est un rêve que nous pouvons réaliser en prenant rdv avec son responsable et son RH 😎. Personnellement je n’ai jamais caché à mon employeur mon ambition de partir, tout le monde connaissait l’existence de ce compte à rebours. J’ai donc prévenu 1 an à l’avance mon responsable que je partais et que je poserais ma démission tel jour pour que mon dernier jour soit tel jour.
Quel bonheur de quitter ce boulot trop contraignant pour lequel je passais 3 heures par jour dans le RER, pour lequel je travaillais 50 heures par semaines et prenais l’avion tous les mois pour aller dans d’autres pays d’Europe. J’ai adoré mon travail mais j’étais arrivée au bout de mon engagement personnel et ne pouvait plus donner autant qu’au début du projet. Et j’ai surtout pris conscience en cours de route que le plus important c’était ma vie personnelle et pas mon travail et que j’ai donc sacrifié beaucoup d’heures de bonheur avec mon chéri, ma famille et mon amour de lapin (non je n’ai pas un autre chéri, j’avais bien un amour de lapin pour animal de compagnie) pour un travail et de l’argent : Erreur que je ne referais plus jamais. Je ne suis pas ingrate envers mon employeur car grâce à lui (et à celui de monsieur bien sûr) nous avons eu l’opportunité d’acheter un appartement en région parisienne et de payer notre voyage. 🤑
Donc bref, votre démission c’est soit à l’amiable soit dans la douleur, il n’y a pas de généralité, pensez juste à ne pas faire la même erreur que moi et négociez votre prime sur objectif si vous travaillez plusieurs mois sur la période de calcul – parce que personnellement je ne savais pas que c’était possible, j’ai perdu beaucoup d’argent qui m’aurait été bien utile.

Discuter avec sa banque
Notre banquier c’est un peu comme la mamie de la famille, il faut le rassurer sur son départ, lui dire qu’on a tout prévu, qu’on paiera ce qu’il faut quand il le faut et qu’on reste joignable en cas de besoin – je caricature à peine. 🧐
En bref, que vous ayez un crédit immobilier ou non, je vous conseille quand même de prendre rendez-vous avec votre conseiller afin de le prévenir de vos plans, rien que pour le principe et pour éviter que votre carte soit bloquée si votre banquier voit un retrait à 8000 km de chez vous. Ce n’est pas comme si vous partiez en vacances, là c’est quand même plus compliqué et plus long. De plus certains banquiers sont adorables (ils ne sont pas tous pénibles) et comprennent que vous n’êtes pas sur place donc ils pourront s’arranger pour vous aider en cas de démarche administrative nécessaire. Nous avons pris rdv avec notre banque notamment pour discuter des opportunités de retrait internationaux et de nos mensualités pour notre crédit.

Mettre en location son logement
Nous avons écrit un article complet sur le sujet parce qu’il nous semblait important de partager notre expérience vu le manque d’information sur internet. En deux mots : anticipez et préparez votre plan de financement pour assurer le paiement des impôts, des charges, des imprévus et de votre crédit.
Vendre ses biens
Ici, c’est une question d’équilibre entre vendre vite et vendre au bon prix. Nous avions 8 ans d’affaires personnelles et de meubles, tout vendre a été un défi et une prise de tête. Heureusement que nos parents nous ont aidé ! Nous avons préparé notre départ plusieurs mois à l’avance.
La première chose que vous pouvez faire consiste à lister tout ce que vous allez devoir vendre ou donner, avec les prix et leur nécessité (c’est-à-dire en avez-vous besoin jusqu’à votre départ ou pouvez-vous le vendre en avance ?). Avec cette liste vous pouvez vous organiser pour vendre un maximum de choses dans les délais et au meilleur prix.
- Pour les objets dont le prix ne sera pas élevé et dont vous pouvez vous passer dès maintenant, faites des annonces sur internet (« Leboncoin » ou « Facebook Market ») et faites des brocantes. Les brocantes c’est franchement hyper sympa mais c’est beaucoup d’organisation, si vous voulez vraiment vous débarrasser de certaines choses pour quelques euros, c’est le meilleur moyen.
- Pour les objets dont le prix est plus important et dont vous pouvez vous passer dès maintenant, idem faites des annonces sur internet au prix que vous voulez puis toutes les semaines vous réduisez le prix de quelques euros. Si vous vous y êtes pris assez à l’avance, vous ne serez pas pressé par les acheteurs et pourrez décider si oui ou non, vous négociez le prix. Nous avons vendu notre aspirateur Dyson au prix fort grâce à cette technique (bon ça nous a forcé à passer le balais et la balayette 😒)
- Pour les objets dont le prix ne sera pas très haut mais dont vous ne pouvez pas vous passer, donnez-les à vos familles/contacts/œuvre de charité à la fin ou faites appels à vos proches pour les vendre en votre absence.
- Pour les objets dont le prix est plus important mais dont vous ne pouvez pas vous passer, il y a trois solutions : soit vous avez de la chance et trouvez un vendeur au dernier moment, mais vous devrez certainement sacrifier un peu le prix (on a dû sacrifier notre PS4, geek un jour geek toujours 🎮), soit vous les gardez pour un potentiel retour ou pour vous les envoyer sur votre destination un jour ou l’autre. Dernière option, vous demandez à vos proches de les vendre pour vous (nous avons fait cela pour notre frigo qui ne trouvait pas preneur mais qui était neuf et dont on ne voulait pas descendre trop le prix).
Faites comme vous pouvez mais la clef c’est d’anticiper, comme d’habitude.

Acheter son équipement
Bon j’avoue, je suis une grande malade des avis sur internet et des tests. J’ai lu, relu et suivi de près les articles et blogs de matériel avant de partir pour être sûre d’acheter de façon intelligente. J’ai fait plusieurs descentes (et traîné Monsieur par la manche) chez le vieux campeur de Paris et chez Décathlon pour tester les tailles et les matières. Finalement j’ai surveillé pendant un an et demi les promotions et les soldes pour acheter au bon moment. Je m’y suis prise longtemps à l’avance pour pouvoir bénéficier des soldes d’hiver et d’été 😃 et ça a payé puisque, à part nos sacs à dos, nous n’avons rien acheté au prix fort. Si vous voulez faire pareil, sachez que les sites Trekkinn et PrivateSportshop sont des indispensables.
Vous trouverez la liste du contenu de nos sacs à dos dans un prochain article.
Préparer le trajet et le budget + Acheter ses billets d’avion et son visa
Sur le coup, les blogs et les groupes Facebook sont une source impressionnante d’information et comme d’habitude nous avons tout préparé à l’avance (vous devez vous dire qu’on est des gros malades quand même (et vous n’avez pas tort).
Quand les grandes étapes de votre trajet sont déterminées, vous pouvez analyser votre budget par jour, prévoir le budget total + une marge en cas d’imprévu (en général 10%) et acheter vos billets d’avion. Pour la Nouvelle Zélande, il vaut mieux attendre de connaitre approximativement son trajet parce que si vous arrivez à Auckland ou à Christchurch, en hiver ou au printemps, ça ne sera pas le même voyage ni la même organisation. Quant à nous, nous avions pris le billet Paris –> Hong Kong –> Auckland, deux avions et 12 heures de vol chacun pour pouvoir bien nous caler sur le décalage horaire et arriver frais comme des gardons sur place. Un seul jour pour se remettre du décalage horaire quand on est des vieux, ce n’est pas si mal !

Dire au revoir à sa famille et à son pays
Je ne suis pas végane mais suis devenue végétarienne en Nouvelle Zélande (à 90% pour le moment, ce n’est pas si facile que ça, j’écrirais un article dessus). J’étais déjà sur les essais en France jusqu’à ce que passe une rondelle de saucisson sous mon nez et que je me montre faible, très faible. Bref avant de partir, profitez bien de TOUS les produits que vous aimez, vous aurez bien le temps de perdre vos kilos en trop sur place. J’ai mis 5 mois à faire le deuil du camembert et de certains produits comme la brioche. Si vous êtes de gros mangeurs de charcuterie comme Monsieur, profitez et faites votre deuil très vite, sinon vous allez souffrir parce qu’en Nouvelle Zélande la charcuterie ça coûte un bras, du majeur à l’épaule. 😕
Au sujet de la famille, c’est très personnel. Là où j’ai eu le plus de difficulté c’est de me dire que je ne verrais pas mes neveux et ma nièce grandir. Parce qu’il ne faut pas se raconter des histoires, WhatsApp ça ne remplace rien du tout. Pour les parents, c’est pareil, ce n’est pas facile de les voir vieillir de loin parce qu’on prend vite conscience que la vie continue pour eux, malgré nos magnifiques expériences et quand on arrive à un certain âge on prend conscience que nos parents vieillissent (c’est dingue non ? 😉). Nous n’avons pas encore eu à expérimenter les mauvaises nouvelles à distance (on touche du bois) mais que des bonnes nouvelles : deux accouchements. Malgré tout cela, nous n’avons pas envie de rentrer définitivement, faire un petit coucou pourquoi pas – mais s’installer de nouveau en France pour le moment ce n’est pas dans les plans.
Donc faites des gros câlins à vos proches et dites-vous que vous vivez votre vie à fond et que, malgré la peine de vos parents de vous voir partir, ils vous ont élevé pour que vous ayez le courage de prendre ce genre de risque. Ils n’ont pas fait du si mauvais boulot que ça, rappelez-leur lorsqu’ils auront la larme aux yeux :-).

Et surtout dites-leur que vous avez tout prévu à l’avance, qu’ils n’ont pas à s’inquiéter et que vous allez grave kiffer !
