Après 3 mois de road trip à travers la Nouvelle Zélande, dont nous partagerons les photos prochainement, nous nous sommes installés à Christchurch pour passer l’hiver. Nous ne voulions pas nous geler les cacahuètes dans le Choup van en plein hiver donc nous avions pris la décision de faire une collocation et de travailler jusqu’en Septembre, soit sept mois. Finalement Madame Choup a eu l’occasion de rester plus longtemps dans son boulot donc resterons jusqu’au 31 Décembre 2019 – au taquet de la période de validité de notre PVT. De son côté, Monsieur Choup n’a pas eu la chance de trouver une opportunité de long terme dans ses qualifications, il a donc enchainé les missions d’intérim l’histoire de mettre un peu plus de beurre dans les épinards. Il a souhaité partager son conseil dans le témoignage ci-dessous, à la différence de la grande majorité des backpackers, ses missions d’intérim n’étaient pas dans l’agriculture. Découvrons ensemble son expérience à Christchurch.

Description du profil professionnel et du niveau d’anglais
J’ai fait de (trop) longues études d’ingénieur mécanique en France avant d’arriver en Nouvelle Zélande. J’ai eu également l’opportunité de travailler en CDI pendant deux ans avant que nous partions pour notre voyage. J’ai tout quitté, mon petit confort, pour recommencer tout à zéro en Nouvelle Zélande.
Mon niveau d’anglais avant de venir était très approximatif. Disons que, comme je lis des mangas en anglais depuis des années, j’ai la chance d’avoir beaucoup de vocabulaire. Par contre mon écoute et mon oral sont clairement du niveau Dora l’exploratrice… Pour vous aider à situer, avant de partir j’avais 820 au TOEIC, ce qui est un bon score mais qui ne concerne que la compréhension d’un anglais britannique (or ici ce sont des kiwis).
L’arrivée en Nouvelle Zélande m’a donc obligé à pratiquer un minimum mon oral, rien que pour faire les courses ou mettre de l’essence dans la voiture. Travailler à Christchurch a vraiment été un boost dans mon niveau. Seul face à des natifs ou à d’autres étrangers, on n’a pas d’autre choix que de s’investir pour se faire comprendre. Les débuts sont difficiles, on a l’impression de passer pour un con à force de demander de répéter mais ça s’améliore avec le temps donc il faut faire preuve de patience et de persévérance. J’avoue que c’est vraiment pénible de passer pour un jambon et de ne pas comprendre les blagues des collègues, et puis, le rire jaune « J’ai rien compris mais je rigole » ne passe pas tout le temps inaperçu, malheureusement.

Description des recherches sur place
Lorsque nous avons trouvé notre appartement, ni une ni deux, nous avons imprimé des CV et sommes partis à la chasse aux petits boulots. La légende raconte que vous pouvez trouver du travail très rapidement sauf que, ce qu’on nous cache, c’est que nous sommes très, très nombreux à chercher un travail à cette période et que la compétition est rude. Nous avons fait fi de nos qualifications et avons distribué des CV dans les restaurants, les magasins, les bijouteries, les pâtisseries…. CV après CV, sites après sites, rien n’y fait… Au fur et à mesure des jours, disons que ça commençait à peser un peu sur la patate de voir pleuvoir des refus.
Surtout qu’il faut payer le loyer, les charges, la bouffe etc… un matin de désespoir où nous distribuons nos CV dans la rue piétonne de la libraire de Tauranga dans une pâtisserie, nous rencontrons un français qui nous conseille de tenter de contacter l’agence One Staff. Ni une ni deux, nous nous y dirigeons immédiatement CV en mains et je vais pouvoir commencer mon aventure d’intérimaire, l’ego dans le ventre, un petit peu déçu mais content de trouver une activité. Merci à toi jeune français pour le conseil car tu as sauvé notre portefeuille – nous sommes très reconnaissant de ta solidarité 😊

Description d’un entretien avec un cabinet de recrutement intérimaire
Nous sommes arrivés ensemble avec Madame Choup trop heureux de commencer très vite à travailler ! Dans l’entrée il y a du monde, nous discutons rapidement et comprenons qu’il y a pas mal de documents à remplir et une vidéo d’introduction à suivre. Ni une ni deux, nous nous y mettons. Nous vous conseillons de prévoir deux à trois heures devant vous si vous y aller, il y a du monde et le process est long :
- Remplir la masse de document,
- Suivre la vidéo d’introduction des risques du travail chez Onestaff. Sur des chantiers et dans l’industrie, les risques sont nombreux et on peut dire que leur vidéo est presque dissuasive (âmes sensibles prenez garde, les perceuses et vos yeux ne sont pas compatibles !). Il y a aussi un petit questionnaire à remplir pour voir si vous avez suivi les conseils. Ça n’a pas l’air comme ça mais quand la maitrise de l’anglais est approximative, ce n’est pas si simple 😉 (J’ai honteusement copié sur Madame Choup, bouh…😜 )
- Passer un petit entretien avec un de leur chargé de recrutement,
- Faire un drug test pour pouvoir commencer rapidement à travailler,
- Récupérer le matériel de protection (les fameux PPE, Personal Protection Equipment)
Pendant l’entretien, j’explique mon profil, ce que je sais faire, j’ai notamment déjà travaillé sur des lignes de production en France donc je sais comment ça se passe (et je connais déjà malheureusement le rythme rébarbatif). On m’explique que je suis un peu « trop » qualifié pour la plupart des missions et qu’au vu de mon profil, ils vont me payer plus cher que la moyenne du SMIC (la fierté quand on te dit ça vous n’imaginez pas… bon après finalement ça n’a pas toujours été le cas, mais tout compliment est bon à prendre). Ils m’expliquent comment ça se passe, de répondre au maximum aux SMS même si c’est pour refuser une mission, l’histoire qu’ils sachent que vous êtes toujours disponible sinon ils vous oublieront.

Par la suite, on fait pipi dans l’éprouvette, le petit drug test accompagné par le chargé de recrutement dans le hall des toilettes (qui attend derrière la porte, ouais, carrément). Ils doivent avoir de nombreux souci de drogues ici parce que des tests comme ceux-là, j’en ai passé un nombre incalculable de fois et c’est franchement pénible ! Ensuite, avec Madame Choup, nous récupérons nos « PPE » : un casque de chantier, des gants, des lunettes de protection, des chaussures de sécu et le fameux gilet orange de One Staff (pas jaune le gilet, HEUREUSEMENT !). Madame Choup porte son tout premier casque de chantier, elle est toute heureuse… (il lui en faut peu).

Nous sommes immédiatement placés sur une première mission, ensemble, pour démonter des tentes le lendemain. Super ! Premier challenge accepted – expérimentons le travail néozélandais.
Description des missions et du parcours d’intérimaire
Cette première mission de démontage de tente s’avérera être la première d’une longue liste pour moi. J’ai enchainé sans relâche ou presque les missions les unes après les autres. Nous avons tout de suite été mis dans le bain du travail néozélandais : Doucement le matin, tranquille l’après-midi.
Madame Choup, de son côté, va travailler un peu sur quelques chantiers pour mettre des poteaux d’affichage dans des trous et des légumes dans des boites dans une usine frigorifique. Moi de mon côté, je vais travailler 9 mois en intérim avec One Staff sur plein de missions différentes, et même si c’est ennuyeux parfois, c’est toujours super varié et c’est cool :
Ça, c’était pour les petites missions de moins de deux semaines. Par la suite, j’ai eu l’opportunité de faire de plus grandes missions de plusieurs mois grâce à One Staff :
- Donc le fameux démontage de tente pour le championnat de cricket avec Madame Choup,
- Le montage et démontage des rampes pour le Nitro Circus (un spectacle de motocross). J’ai même eu la chance de voir le spectacle sans payer et c’était sympa),
- J’ai travaillé pour mettre des papiers dans des enveloppes (là on atteint un niveau de chiantitude level 100),
- J’ai déménagé des meubles, installé des meubles dans des centres médicaux,
- J’ai fait des livraisons à Christchurch et à Timaru à plus d’une heure et demie de route.
- Etc….
À l’heure où j’écris cet article je viens de finir un nouveau montage de tente, ça faisait longtemps ! La période haute revient et de nombreuses missions vont se présenter et c’est chouette. Malheureusement, mes poignets refont des siennes et je suis, encore, en repos contraint. Je suis forcé de rester à la maison, de dormir le matin et de faire des gâteaux à ma femme, un vrai supplice.

Description de l’ambiance au travail
J’ai trouvé que l’ambiance était très détente et agréable. Le travail se fait souvent dans la bonne humeur et la rigolade même si parfois il y a une cadence à tenir et qu’il faut suivre (surtout dans les missions événementielles comme le montage des tentes). Les néozélandais sont très gentils et compatissants vis-à-vis de l’anglais, ils n’hésitent pas à répéter si besoin et ne se moquent pas. J’ai toujours été bien accueilli par les locaux ou les étrangers, ils sont très bavards et très ouverts, c’est sympathique.
Quelques petites choses m’ont un peu choquées comme le fait qu’ils rotent ouvertement ou qu’ils consomment des boissons énergisantes toute la journée et même le matin à 7h. D’ailleurs si en France, les pauses sont plutôt café croissant, ici les pauses sont souvent redbull frites, c’est perturbant !
Ils ne sont pas stressés par le travail et s’efforcent de garder une bonne entente. J’ai vu un seul conflit sur toutes mes missions, chez Farmsland. Un petit jeune qui s’est frité avec un boomer pour une histoire d’incompréhension sur le mixage des graines. J’ai du intervenir en mode bras tendus « on s’arrête là les gars » entre les « you are such a d*ck » c’était assez cocasse. À part cela, ils ne sont pas en mode tendus de la production, c’est plutôt smoko le matin, smoko l’après midi (smoko = pause) donc c’est assez tranquille, surtout comparé à la France. En plus, parfois les compagnies d’intérim ont tendance à surévaluer la charge et placer 50 gars sur un chantier là ou seulement une dizaine est nécessaire. Business is business, plus on place de gens, plus on gagne du pognon J

Finalement quels ont été les bénéfices de cette expérience ?
Donc finalement, je garde un très bon souvenir de mes missions, même si le rythme est répétitif et que ce n’est pas toujours intéressant et stimulant intellectuellement. J’ai rencontré de belles personnes, j’ai rigolé avec des locaux et j’ai beaucoup amélioré mon anglais.
J’en tire une belle leçon d’humilité de recommencer à zéro dans un pays qui n’est pas le mien. Je ne peux pas prétendre être ingénieur sans connaitre la langue ni le marché local donc j’ai rencontré des difficultés pour trouver une mission qualifiée. Malgré tout, je retiens beaucoup de bons souvenirs et une amélioration vraiment notable de mon anglais, même si je suppose que j’ai encore du chemin devant moi pour m’exprimer correctement !

Avant de venir en Nouvelle Zélande, j’avais beaucoup d’espoirs de travailler en tant qu’ingénieur et de continuer à développer ces compétences spécifiques. J’ai rencontré une période difficile de remise en question professionnelle et une légère dépression vis-à-vis de mes qualifications que j’estimais sous utilisées. Désormais, je ne me prends plut trop la tête à ce niveau là car j’estime que j’ai quand même de la chance de pouvoir travailler et ramener de l’argent pour payer les factures. Finalement, le plus important est de continuer à apprendre et de passer de bons moments, surtout en PVT ! Je n’appréhende pas du tout le Canada et, s’il faut continuer à faire des petits boulots, je le ferais avec plaisir.
Si toutefois vous souhaitez travailler comme moi en intérimaire sur Christchurch, voici les agences avec lesquelles j’ai travaillé : One Staff, Kelly Services et ExtraStaff.
