Définition de liberté : Possibilité, pouvoir d’agir sans contrainte ; autonomie. Liberté de décision, d’action.
La vie en van c’est clairement la meilleure définition de la liberté que vous pourrez trouver. Revenons ensemble sur cette première expérience à travers notre témoignage.

La cuisine et l’alimentation en van
Au début pour nous, c’était salade sandwich / noodles / chips. Parfaitement équilibré (ou pas) mais surtout parfaitement économique. Toutefois manger à ce rythme sur du long terme va créer des frustrations. Si comme nous vous êtes motivés par un bon repas alors vous ne pourrez pas sacrifier vos besoins pour votre budget et vous trouverez des solutions pour des repas copieux et équilibrés tout en restant dans la réalité que vous cuisinez dans 3m².

Les noodles resterons un indispensable puisque c’est chaud et rapide, mais quand on essaie de réduire au maximum les déchets et éviter le plastique, on les faits soi-même. Des nouilles, des épices, le combo soja + nuoc mam et vous êtes parés à toutes les éventualités de la soupe chinoise. Vous pourrez même y ajouter des légumes frais.

Pour le déjeuner, on se préparait régulièrement des wraps ou des salades : Lentilles au thon, wraps avocats tomates noix de cajou, salade pomme de terre tofu cornichons poivron…. Il y a le choix dans les plats froids. Pour les plats chauds qui permettent de ne pas manger des soupes chinoises tous les soirs, il y a le curry de pois chiches, les lentilles massala, le butter tofu, le riz soja saumon (pour le saumon, l’idéal c’est de le cuire au court bouillon pour éviter les odeurs dans la voiture). Pour le petit déjeuner, nous sommes habitués aux tartines de pain et pâtes à tartiner / peanut butter maison.
Vous noterez que les plats sont végétariens. Notre vie en van nous a amené à réfléchir autrement et de toute façon conserver de la viande en van sans frigo c’est impossible en été.
L’hygiène et les besoins naturels en van
Sur ce point, je ne vais pas être franchement un bon exemple de fille parfaite et proprette parce qu’en van j’étais plus un petit goret 🙂
Pour les besoins naturels, quand les toilettes des free camps étaient propres j’y allais, toutefois j’ai un petit souci de vessie qui me fait aller aux toilettes genre 10 fois dans une soirée, j’ai développé un stress du pipi-room donc pour ma propre sérénité j’utilisais les toilettes portables du van. Finalement entre braver les moustiques, les sandflies, les araignées, les odeurs des inconnus (petite nature) et faire pipi dans mon van au chaud, le choix était vite fait.
Seul impératif : vider tous les jours les toilettes – honnêtement ce n’est pas insurmontable quand c’est son propre pipi (ou même celui de son homme, après 8 ans on est à un point d’intimité où on s’en fiche 😁). Pour la grosse commission on en reste aux toilettes du free camps et on brave les éléments. Si toutefois on est malade ou qu’il n’y a pas d’autre solution, je conseille la technique du sac poubelle : mettre le sac poubelle dans le trou des toilettes, faire la grosse commission dans le sac puis fermer le sac hermétiquement (le serrer très fort), le jeter dans la poubelle qui convient dès que possible, si le sac est bien fermé il n’y aura pas d’odeur désagréable. C’est franchement pénible mais c’est passable et j’ai été amenée à le faire une seule fois parce que FRANCHEMENT les toilettes du camp étaient dégueux et ce n’est pas fréquent en Nouvelle Zélande.

En vrac :
- Si vous le pouvez, réglez votre transit sur la fin de matinée, vous trouverez toujours des toilettes plus propres en route (surtout en Nouvelle Zélande !)
- Si vous le pouvez, faites votre commission dès que vous arrivez dans le free camp – moins il est tard moins les toilettes auront été utilisées par les autres campeurs. (PS : le café fonctionne bien pour accélérer le processus)
- Si vous n’avez pas le choix, faites dans la nature MAIS svp, enterrez votre commission et le papier biodégradable qui va avec profondément et ne faites pas près d’une source d’eau ou d’une rivière (la « pelle à caca » est votre meilleure alliée)
Concernant les douches, en vrac :

- La douche solaire : C’est trop génial de prendre une douche chaude en liberté, encore faut-il qu’il fasse beau !
- La douche de chat : Un gant + de l’eau + du savon = ça fait du bien au bout de 4 jours
- La mer tu fuiras si tu n’es pas sûr de pouvoir te rincer (sauf si tu veux dormir dans du sable et du sel, c’est ton choix).
- Si tu as l’occasion de prendre une douche chaude et gratuite, tu fais un détour et tu prends ta douche (Merci le DOC de Queenstown !)
- Quand tu auras l’occasion de laver tes vêtements, fais les bien tremper et frotte au niveau des aisselles. La transpiration de 10 jours, ça pue !
On a suivi certains conseils de blogs d’utiliser des lingettes bébé, jusqu’à prendre conscience qu’elles polluent tellement que nous avons préféré les oublier.
L’organisation en van
Il y a deux types de philosophie : ceux qui laissent en désordre pour décourager les voleurs et ceux qui ne peuvent pas vivre dans le bordel dans 3m². Sans surprise nous faisons partie de la deuxième catégorie.
Plier les vêtements, ranger les provisions, planquer les sacs à dos, ranger la vaisselle, ranger les papiers du DOC et les cartes, ranger l’eau, le toilette, l’ordinateur, le Kindle…. Bref beaucoup de choses dans si peu d’espace mais sans rigueur c’est le bordel et ça n’est pas possible pour nous, on ne se voit pas chercher notre recharge de téléphone à 21h00 dans le noir.
Donc dès qu’on arrivait dans le free camp pour la nuit, on rangeait ce qui trainait en deux minutes. Monsieur part faire la lessive pendant que Madame range le van pour la soirée. La technique pour ne pas attirer l’attention est de ne rien laisser en apparence qui pourrait intéresser un voleur. La journée pendant nos déplacements, on avait toujours avec nous nos sacs à dos, nos papiers, notre ordinateur et notre appareil photo (même pour faire les courses). Pour la nuit, nous rangions les sacs à dos sous le lit à l’abri des regards. L’ordinateur et l’appareil photo étaient quant à eux cachés sous les piles de vêtements.
Dormir en van
Cette partie est un peu la peur de tous les free campeurs : si j’arrive trop tard et que je n’ai plus de place, que faire ? Honnêtement sur les trois premiers mois de road trip pas de souci sauf 3 nuits :
– La 1ère parce qu’on a pris le ferry Wellington – Picton tard et qu’il n’y avait plus du tout de place. Donc nous nous sommes garés sur une « non place » et nous l’avons quittée très tôt le lendemain matin.
– La 2ème et 3ème, tout simplement parce qu’il n’y avait pas de free camps dans la zone :
- Au French Pass dans le nord de l’ile du sud mais franchement, la nuit sur le camp payant du DOC valait le coup : nager avec une raie Manta, une douche chaude et des toilettes propres.
- Dans la zone du Franz Joseph Glacier, pas de free camps donc nous avons payé un emplacement dans un camping avec douche chaude (de toute façon, dès qu’il y a une douche chaude, ça vaut le coup 😋)

Toutes les autres nuits nous avons dormi en Free camp (vive les économies !), la seule règle est qu’il faut essayer de ne pas arriver après 18h00 en haute saison sinon vous prenez le risque de devoir aller ailleurs. Je ne vois personnellement pas comment il est possible de voyager en van en Nouvelle Zélande sans l’application « Campermate » pour localiser les free camps. D’ailleurs si vous voyez dans les commentaires que le lieu est sans sandflies (si seulement…), propre et qu’il y a une douche alors prévoyez d’arriver pour 16h00 sinon c’est mort (ce n’est pas la ruée vers l’Ouest mais presque).
En vrac :
- Au printemps et en été, n’ayez pas peur d’avoir froid. En fait la nuit, il fait chaud dans un van puisque vous dégagez beaucoup de chaleur en dormant. Le plus difficile est le matin en se réveillant pour aller au pipi room 🙂. Personnellement, il y a eu une seule nuit où nous avons eu vraiment froid sur trois mois.
- Si vous pouvez, prévoyez d’acheter un van self-contained – SC (un vrai pas un où les bidons ont été changés et les toilettes vendues après la certif). Déjà parce que si vous respectez un tant soit peu le pays, vous y suivrez les règles et ensuite, parce que beaucoup de free camps sont réservés aux SC et qu’avec une voiture vous ne pourrez pas y aller. Les économies que vous allez faire à ne pas payer une nuit en camping vaudront l’argent que vous mettrez à l’achat du van. Qui plus est parce qu’en achetant un van SC vous récupérerez l’argent misé (ou presque) à la revente alors que l’argent des campings ne reviendra jamais.
- Certains laissent une fenêtre légèrement ouverte la nuit pour éviter la condensation. Nous ne nous y sommes pas résolus de peur d’avoir des insectes / des vols / on est paranos donc si votre van n’est pas trop isolé il ne devrait pas y avoir de condensation. Je me permets de vous conseiller d’éviter les vans isolés (sauf si vous voyagez en hiver), il faut que votre voiture respire, sinon gare à aux moisissures !
- Pensez aux tenues thermiques avec votre pyjama, quand il fait frais, ça fait du bien.
La vie avec les autres en van
Je suis une pénible (assumée) de la vie à propos du bruit et une antisociale de première à partir du moment où on empiète sur ma tranquillité. Imaginez donc mon niveau de stress à Paris en prenant le RER A pour la Défense tous les jours, 3h par jours.
A part quelques nuits, nous avons été franchement surpris de voir que la majeure partie des gens sont respectueux et sont silencieux passé 20h00. De toute façon on est tous fatigués en road trip puisqu’on bouge et on marche tous les jours ☺️.
Alors en vrac dans la liste des pénibles que vous rencontrerez :
- En bref, tous les jeunes en groupe et qui ont 20 ans (mais ça c’est parce qu’on est des vieux cons 😁).
- Ceux qui se considèrent seuls sur les free camps et qui jouent au basket à minuit (véridique, à Nelson)
- Ceux qui s’amusent avec leurs frontales et qui sont franchement doués comme des c**s pour rentrer se coucher dans leur van (peut-être à cause du bordel dans leur voiture ? CQFD)
- Les locaux qui sont anti-van et qui s’amusent à klaxonner à côté des free camps.
- Les locaux qui sont c*ns et qui viennent sur les free camps pour faire la fête et laisser leurs bières par terre (sur le zéro déchet on repassera) – Près de Wellington, sur un free camp merveilleux – pas dormi avant 4h00 du mat 😥
Conclusion
Faisons court et efficace : La vie en van, c’est que du bonheur, foncez et enjoy !
