Après 9 mois de Nouvelle Zélande, dont 6 mois à travailler à Christchurch dans l’hiver froid et humide pour gagner notre croûte et anticiper la suite du voyage, nous avons décidé de prendre 12 jours de vacances au Tonga. ⛱
Après 6 jours sur l’île principale Tongatapu, nous décidons de prendre le ferry pour aller sur Pangai, l’île principale de l’archipel d’Happai. Pour voyager entre les îles au Tonga, vous n’avez pas 36 mille solutions :
- Prendre un avion avec la compagnie Real Tonga : les prix sont très chers mais vous arrivez vite à destination. Pas de mal de mer mais une grande émission de CO2. Par ailleurs, sachez que le vol le plus court et le plus cher du monde, d’après ce que nous avons vu sur internet, est le vol entre Nuku’alofa et Eu ’a, soit 7 minutes dans les airs pour 220$T par personne.🙄
- Prendre le ferry avec la compagnie FISA qui propose des navettes entre les îles dont les prix sont raisonnables. Vous arrivez beaucoup moins vite, il y a un grand risque de mal de mer mais vous vivrez une expérience unique et locale. Nous avons payé 71$T par personne en prenant le bateau (contre 250$T par personne pour l’avion). Sachez toutefois que les horaires des ferries sont contraignants et vous devrez adapter votre voyage en fonction des jours et heures de départs. Or l’avion est plus flexible.
Le choix est donc fait, nous décidons de prendre le ferry.
Nuit du Jour 6
Nous attendons un peu devant l’entrée du ferry pour monter dans le bateau. Il y a beaucoup de gens. Nous sommes une petite dizaine d’étrangers et le reste des passagers est composé de locaux. Ils ont tous de grosses valises, des tapis de sol, des draps et des cartons. Nous faisons la queue et, à ce moment, la nature humaine prend le dessus sur la convivialité : tout le monde s’amasse devant la porte pour rentrer les premiers dans le bateau. Nous nous faisons pousser par les gens sans vergogne.

Le bateau comprend trois étages dont deux destinés aux passagers. Il y a deux « salles » de repos, la première à l’extérieur sur le pont arrière et la seconde au milieu/avant du bateau à l’intérieure avec la lumière, l’électricité, la climatisation et la télé. La salle extérieure est en fait un endroit du bateau vide et plat où les gens s’installent parterre pour dormir, protégé par des rideaux épais pour éviter les éclaboussures des vagues. La salle intérieure est une grande salle climatisée avec des chaises en métal où les gens s’installent également parterre pour dormir ou se reposent sur les chaises en écoutant Hope Channel, la chaîne religieuse néozélandaise 😥. Entre deux vomis, nous avons eu le plaisir de suivre « à nous quatre » à la télévision. Le bateau comprend également quelques petits lits pour les premières classes : nous avons jeté un coup d’œil et, d’après nous, ça ne vaut pas le prix et ne vous sauvera pas d’une nuit blanche. Beaucoup de personnes s’installent sur les bords du bateau à l’extérieur dans des couloirs reculés, certainement pour éviter d’être réveillés par les gens qui vont et viennent. Le bateau comprend évidemment des toilettes, sales et sans savon (j’ai même vu des petites bébêtes mais rien d’insurmontable) et une petite supérette qui vend comme d’habitude des chips et des noodles.

Donc, frais et heureux comme des gardons de vivre une expérience unique, nous trouvons deux places avec une prise électrique dans la salle intérieure – naïfs que nous étions, nous nous sommes dit « chouette on va pouvoir regarder un film puis dormir tranquille au frais ».
Nous nous installons, nous mangeons nos noodles puis le bateau démarre. Beaucoup de locaux s’installent au sol pour dormir (m’enfin, il n’est que 19h !). Nous attendons. 30 minutes après le départ c’est vomito story dans le bateau – nous comprenons mieux pourquoi les locaux appellent ce bateau le Vomiboat (ou un truc similaire en Tongien). D’ailleurs, avant même que le bateau parte, des enfants discutaient devant nous et ont mimé des personnes en train de vomir. C’était le début de la fin (de la faim), nous avons vomi toute la nuit 🤮. Madame Choup a vomi parterre, sur elle-même et par-dessus bord. Monsieur Choup s’est volatilisé aux toilettes (il a réussi à vomir dans sa bouche sans recracher, chapeau l’artiste !) et a participé franchement à la vomito story. Rien que d’écrire ces lignes, nous avons le mal de mer et la nausée qui reviennent. « Heureusement » que nous avions acheté des noodles, nous pouvons vous confirmer que les coupes à noodles forment de magnifiques récipients à vomi, réutilisable (on est presque dans le zéro déchet !)

Pour calmer les vomis qui nous ont pris une partie de la nuit, nous décidons de faire comme les locaux et de nous allonger parterre comme des sans-abris et de dormir enlacés. La climatisation a été active toute la nuit, il faisait un sacré froid de canard dans l’habitacle (et une odeur épouvantable avec les vomis). Après un premier stop du bateau vers minuit / 1h (on ne sait plus trop), nous décidons de gonfler les tapis de sol mais pas les sacs de couchages : nous ne voulions pas les salir surtout avec le vomis que nous avions sur nous. Nous avons dormi 1h24 d’après la Fitbit, quelle belle nuit ! Quand on pense que nous n’avons pas le mal de mer à la base, on se dit que si vous avez ne serait-ce qu’un peu le cœur qui se soulève en transport, ne songez JAMAIS au grand JAMAIS au ferry – ou alors vous vous mettez au sol directement pour tenter de dormir et prévoyez des contenants pour vomir ! La fin de la vomito story prendra fin lorsque l’on mettra le pied au sol, en se félicitant de n’avoir pas décidé d’aller jusqu’à Vava’u pour 8h de bateau en plus.


Jour 7
Arrivés donc à 8h à Pangai, l’île principale du groupe d’Ha’appai, puis direction à pied jusqu’au Visitor Center pour trouver un logement pour la nuit. Nous pensions faire du camping sur les plages d’Ha’appai mais on s’est vite rendus compte que ce n’était pas vraiment l’environnement idéal et nous étions fatigués de notre nuit blanche (je suppose que le camping est possible sur les plages de Pangai, mais ce n’est pas le plus joli coin du Tonga malheureusement, les plages sont jonchées de déchets). Sur l’archipel, il y a plusieurs hôtels et plusieurs resorts. Les prix sont exorbitants par rapport à notre budget, nous demandons donc un bon compromis à la dame du Visitor Center. Elle nous propose le « Tiana Resort » sur l’île de Uoleva. Le prix est dans note budget mais il faut compter 80$T par personne pour l’aller-retour en taxi boat. Nous entendons le mot « douche » au téléphone, nous décidons de suivre notre instinct, nous réservons pour une nuit. Nous parcourons une petite distance à pieds, en 10 minutes nous avons vu le centre-ville de Pangai. Nous faisons du stop et montons dans une voiture de police direction la plage pour prendre le taxi boat.

Avant d’embarquer vers Uoleva, nous passons acheter quelques légumes et conserves dans une supérette. Nous prenons par la suite un petit bateau et traversons d’abord une plage monstrueusement polluée, puis un lagon magnifique aux multiples coraux (c’est aussi ce contraste, le Tonga). Nous apercevons même des Raies Manta au fond de l’eau près du sable, magnifique. Nous arrivons en trombe avec nos quatre sacs à dos, en sentant le vomis, la transpiration, la fatigue et nous crevons la dalle. Après ce petit trajet de 30 minutes en bateau, s’en suivirent deux jours magnifiques sur cette petite île dans un resort qui ne paie pas de mine mais qui mérite d’être visité si vous passez par Ha’appai. Voici le lien vers TripAdvisor puisque le resort n’a pas de site internet.

Nous vous conseillons de réserver à l’avance en haute saison, le resort était plein et nous avons eu de la chance d’avoir une chambre.
Arrivés sur l’île, nous ne pouvons pas nous empêcher d’aller nous baigner sur la magnifique plage de sable fin juste en face de notre hutte. Il n’y a pas de fatigue qui tienne dans ce cas, nous nous délassons dans une eau chaude, au soleil. Plus tard, nous préparons une noix de coco tout juste tombée de l’arbre en compagnie des cochons sauvages. Puis une grosse sieste jusqu’à 17h pour le repas et l’heure du dodo plus tard dans la soirée. Comme nous n’avons pas beaucoup de lumière dans la hutte et que nous voulons éviter les moustiques, qui bouffent goulûment Madame Choup depuis le début du voyage (au grand bonheur de Monsieur Choup), nous nous endormons tôt.


Jour 8
Quel réveil absolument magnifique au son des oiseaux et des vagues 🐦 . Cette journée, nous la consacrons à notre détente et au snorkelling. Nous allons donc découvrir les fonds marins à 20 minutes à pied du resort par la plage. En vrai, sur l’île, il n’y a pas de route et la forêt sauvage ne vous donne pas franchement envie d’aller vous y balader. Et puis, les voyageurs qui viennent sur cette île sont là pour se détendre, pour aller voir les coraux et pour nager avec les baleines. Nous nous reposons donc et nous réservons pour les baleines le lendemain. Nous mangeons par ailleurs un très bon repas au dîner préparé par Fina, la fille des propriétaires du resort. Le prix du dîner par personne est de 15T$ (et vu les portions… ça les vaut), le petit déjeuner est à 10$T par personne et le lunch n’est pas proposé.


Kumara, Tarot et poisson pané maison !
Fina et sa famille sont adorables et les diners copieux et délicieux, bref nous conseillons franchement ce resort si vous cherchez à vous reposer sans dépenser une fortune, en sachant bien que la douche et les toilettes sont sur la plage et sont communs.
Jour 9
La journée commence avec un soleil rayonnant et frappant. Cette journée allait être chaude, aussi nous préparons nos sacs pour un départ à 09h00 pour naviguer et nager avec des baleines dans les eaux d’Uoleva 🐳. Crème solaire en poche, nous embarquons pour une journée inoubliable qui commença par une longue recherche de baleines dans une eau qui normalement est très riche en mammifères. Nous passons un moment formidable et vous trouverez plus de détails sur notre article « Nager avec les baleines au Tonga ». Finalement, nous restons plus longtemps que prévu sur Uoleva, nous avions réservé pour une nuit mais nous y resterons 3. Le lendemain retour vers Pangai pour voler de retour sur Tongatapu.

Jour 10
Le ferry ne nous permettait pas de rentrer dans les temps pour chopper notre vol de retour vers Christchurch. Même si c’était le cas, vu la soirée que nous avions passée, je crois que nous n’aurions pas repris le ferry. Nous allons donc direction l’aéroport de Pangai pour une après-midi à attendre le vol de retour. Nous partons donc à 08h30 de l’île d’Uoleva pour 30 minutes de bateau puis retour sur cette plage pleine de déchets. Nous avions le choix entre marcher pour découvrir la ville de Pangai ou prendre la voiture direction l’aéroport pour attendre notre vol de 15h00. Fatigués par notre nage de la veille et avec des maux de ventre assez terribles – certainement dus à l’eau disponible sur l’île, nos intestins ne sont pas habitués à l’eau de pluie – nous décidons de prendre la voiture et de geeker à l’aéroport. Nous prenons donc quelques photos sur la route puis nous attendons dans le hall. L’aéroport est tout petit et nous étions les seuls passagers à attendre. Finalement, l’avion est un tout petit coucou pour 20 passagers, nous nous attendions à un avion un poil plus grand.
Nous attendons donc l’après-midi et nous assistons à des grandes rigolades du personnel de l’aéroport. En vrai, ils rigolent tout le temps les Tongiens, et ils rigolent de rigoler et donc ils se marrent encore plus. Ils nous ont donné le sourire à force de se marrer comme des baleines (la boucle est bouclée Tonga = Rires = Baleines = Tonga 🙃).

Nous prenons donc le petit coucou, pas de vomi (hourra !) et sommes de retour sur Tongatapu. Nous marchons avec nos sacs à dos vers le premier hôtel de la carte, on nous propose de faire la navette mais nous refusons, ne voulant pas dépenser plus de sous. Nous faisons une halte au premier hôtel sur la carte mais le prix est très cher, la dame nous conseille un autre Guest House non loin et dans nos prix. Nous marchons vers le village de Fua’amotu, nous arrivons à trouver un véhicule pour nous amener plus rapidement. Les locaux sont vraiment adorables et la jeune fille dans la voiture nous donne son numéro de téléphone pour l’appeler si nous avons besoin de quelque chose.
La suite de l’aventure dans l’article « Voyager au Tonga : Le village de Fua’amotu et la messe du Dimanche »
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