Retour d’expérience : Mon job de bureau en Nouvelle Zélande

Description du profil professionnel :

Je suis de par mes études et mon expérience en France, chef de projets organisationnels et structurels dans l’assurance. Je travaille depuis 10 ans, j’ai un bon niveau d’anglais et je suis très à l’aise avec les systèmes digitaux et les reportings.

Description des recherches sur place :

La recherche n’a pas été facile car j’étais en compétition avec des personnes plus qualifiées et meilleures en anglais que moi. J’ai d’abord travaillé avec OneStaff en arrivant pour payer les factures tout en cherchant du travail avec d’autres cabinets de recrutements. J’ai donc démonté des tentes, planté des poteaux et travailler sur des lignes de production pour emballer des légumes dans un frigo à -3°.

Il fait frais à -3° toute la journée

Par la suite, je suis passée dans tous les cabinets de jobs « qualifiés » pour remplir les dossiers et postuler. J’ai changé plusieurs fois mon CV selon les exigences des cabinets, j’ai raté plusieurs entretiens téléphoniques et je me suis présentée un jour au cabinet Hudson suite à une demande d’entrevue. Je dirais donc que les recherches n’étaient pas faciles mais elles n’étaient pas laborieuses. Mon point fort était certainement mes compétences techniques du domaine de l’assurance et mes facilités avec les systèmes informatiques. Mon point faible, comme pour tous les français, était bien sur mon niveau d’anglais… Si on compare son niveau à celui des néerlandais ou des allemands c’est mort, on remet son anglais dans ses chaussettes.

Description d’un entretien avec un cabinet de recrutement spécialisé :

Hudson est un cabinet de prestataires placés sur des missions qualifiées dans des entreprises spécialisées dans le domaine de la finance. Ils recherchent donc des chefs de projet, des assistants, des analystes… Avant de venir à l’entretien, il a fallu passer un test en ligne. Ce test permettait de juger de 4 choses :

  • La personnalité du candidat : L’examen consistait à répondre à des questions pour comprendre ta personnalité.
  • Le niveau de dactylographie : L’examen consistait à taper un texte en anglais de la meilleure façon et le plus vite possible.
  • Le niveau informatique : L’examen portait sur Word, PowerPoint et Excel. Plusieurs questions et plusieurs cas à réaliser pour démontrer que ton niveau est suffisant pour le poste sur lequel ils veulent te placer.
  • La qualité de ton profil et de tes références : Il faut faire remplir un formulaire en ligne à trois références de ton choix qui peuvent attester de la qualité de ton profil. Les personnes doivent se connecter en 48/72h sur le système et compléter en anglais les différentes questions.

Après ces trois épreuves, je me suis présentée à l’entretien individuel face à la commerciale de Hudson. J’ai repassé plusieurs tests de personnalité et répondu à plusieurs questions (« Que fais-tu en cas de conflit dans une équipe ? », « Quel est pour toi le plus important dans une mission ? »…). Elle me donne les résultats de mon test en ligne, je râle sur les bugs que j’ai rencontrés et qu’on réduit un peu ma note (oui je fais partie de celle à l’école qui râle d’avoir 16/20 – détestez moi 😘). Finalement, on arrive à discuter de mon profil et de mon parcours professionnel. Autant vous dire que l’école ici, c’est comme aux Etats Unis, ils s’en contrefichent sauf si vous postulez à un métier encadré comme comptable ou médecin (Les diplômes quand on est médecin, ce n’est pas si important que ça, si ?).

Description de l’ambiance au travail :

Avant d’aborder ce sujet, je vais planter un peu le décor de la vie professionnelle Parisienne à la Défense. Ce qu’il faut savoir est que, travailler à Paris, c’est l’enfer : des heures de stress dans le train, des heures de travail où la performance prime sur le bien-être, des tensions et des relations à la française où le pouvoir et l’égo prennent le dessus sur la bienveillance, des horaires très définis où partir plus tôt n’est pas bien vu et où vous entendrez à 15h « oh tu as pris ta journée ?». Je n’ai jamais travaillé en province, j’ose espérer que ces défauts sont gommés ailleurs qu’à Paris. En quelques mots : travailler à Paris est stressant, épuisant et néfaste.

Lundi matin, problème dans le RER

Maintenant que vous avez l’image en tête et bien vous faites tout l’inverse pour imaginer la vie professionnelle à Christchurch. Ici, les gens sont calmes et ont le flegme classieux des anglais. Il y a du positif et du négatif à cette manière de fonctionner : les relations sont rarement tendues et les discussions jamais animées, mais les sujets se règlent plus lentement et il y a une certaine hypocrisie environnante. Ce sont des anglais donc ils n’aiment pas le conflit et disent les choses en tournant autour du pot, contrairement aux français qui sont carrément plus cash et plus performants.

Les gens ici ne sont pas là pour souffrir OK ? Ils travaillent en mode détente, ils font leur travail tranquillement sans pression, ils n’aiment pas être bousculés et n’ont franchement pas grand-chose à faire de leur performance. Ce qui est le plus important pour eux est 1- leur vie personnelle et 2- leur relation sociale avec leurs collègues. Le plus important au travail est de créer des liens avec ses collègues, de passer de bons moments ensemble, de discuter – bref tout ce dont j’ai besoin d’améliorer.

Souffrant d’un gros problème de perfectionnisme et de « il faut toujours faire tout vite et bien », ici je me détends enfin. J’ai le temps d’apprendre, j’ai le temps de bien faire, j’ai le temps de réfléchir et surtout j’ai le temps de travailler et de profiter de ma vie. Je rentre à la maison tôt, je vais faire mon jogging et j’ai le temps de préparer à manger, de me détendre, de regarder un film – bref, de profiter.

Au bureau, ils fêtent toutes les occasions pour passer des moments ensemble – les anniversaires, les fêtes nationales. Pour Pâques, il y avait une personne déguisée en lapin qui distribuait des chocolats, il y a aussi de temps en temps des soirées à thème comme une soirée mexicaine où j’ai mangé de supers burritos. Et le vendredi, toutes les semaines, ils ont l’apéro au bureau – payé aux frais de la boîte – où ils prennent un petit verre de vin ou une binouze, pépouze les mecs. Ils ont franchement de supers conditions de travail : le work from anywhere (sous-entend que tu peux bosser d’où tu veux tant que tu bosses), les horaires non imposés, le café, le thé, les boissons fraîches et les fruits gratos à la cafet…

Mon premier vendredi, j’ai vu tout le monde partir à la pause dej. Je me suis dit « merde, c’est une demie journée fériée ou quoi ? » (Ils sont fous ces kiwis). Et bien non, c’est vendredi et vendredi, c’est spaghetti c’est limite une demie journée pour eux. Ils savent vivre et ça, j’adore. En plus, venir au travail en 20 minutes à vélo, c’est quand même le bonheur quand on prenait 3h le RER A tous les jours.

Description de la solitude avec l’anglais au travail :

Je suis arrivée en Nouvelle Zélande toute fière de mon niveau d’anglais puisque je travaillais déjà en utilisant cette langue au travail depuis des années. Je me disais « je vais tout déchirer ici » … puis je suis arrivée. En vrai, un bon niveau d’anglais pour une échelle française est un niveau très moyen comparé à nos amis européens. On est vraiment nuls en anglais, non mais vraiment genre vraiment. Parfois vous confondrez des suédois ou néerlandais avec des british tellement ils s’expriment bien, c’est rageant. Donc oui, même en partant avec un bon niveau, vous serez confrontés à la barrière de la langue (la fameuse).

Seule au monde à rien comprendre

L’accent néozélandais est une difficulté supplémentaire, c’est vrai – on ne comprend pas grand-chose à ce qu’ils nous disent car notre oreille est habituée à l’anglais américain ou britannique. Ici, un Fish & Chips se dit « Fush & Chups », le Yes se dit « Yiss », le Bread (prononcé « Braide ») se prononce « Bride » … en gros les – i en u-, les – e en i -… de quoi vous faire perdre votre anglais ! Mais c’est comme tout, on s’habitue avec le temps. Aujourd’hui j’en rigole quand mes collègues me regardent avec le même regard que moi quand ils me parlent 🤓. c’est beau quand même l’incompréhension commune.

Il existe deux autres problèmes auxquels vous serez probablement confrontés : la vitesse de prononciation et le fameux « slang ».

Ils sont dans leurs pays, ils parlent aussi vite et naturellement que vous parlez français avec vos amis. Pour un étranger qui apprend le français, nous parlons trop vite, nous ne faisons pas les contractions et utilisons des mots inconnus au bataillon (imaginez un étranger écouter du Booba, mon dieu) Et bien en anglais c’est pareil.

Par conséquent en réunion vous vous retrouverez les yeux écarquillés et la sueur au front quand vous sentez que quelque chose de vital vous est demandé mais que vous n’avez pas compris parce que votre interlocuteur a oublié que vous n’étiez pas natif et il vous a parlé à sa vitesse habituelle.  Vous ferez le fameux « oui oui » de la tête avec un grand sourire quand vos collègues parlent de leur weekend. Et vous rigolerez jaune quand ils se marrent et que vous ne voulez pas passer pour celui qui n’a pas compris (on le fait tous soyez rassurés).

Pour le slang, c’est simple, ce sont des mots à eux que vous n’avez jamais entendus et qu’ils vous sortiront comme si ces mots étaient présents dans le dictionnaire. Je conseille la très rigolote vidéo du blogueur néo-zélandais « How to Dad » qui décrit parfaitement la situation : 

Finalement, quels ont été les bénéfices de cette expérience ?

J’ai beaucoup appris en travaillant en Nouvelle Zélande, en vrac :

  • J’ai appris à me détendre au bureau
  • J’ai compris désormais qu’il y a autre chose que le travail dans la vie
  • J’ai appris ce qui c’était vraiment passé pendant les tremblements de terre de 2011 – 2012 (ouais parce qu’en fait mon taf consiste à faire des reportings et à coordonner l’équipe qui revoit les sinistres des tremblements de Christchurch, fun hein 🤩)
  • J’ai level up +10 en anglais
  • J’ai appris plein de choses sur les néo-zélandais, leur peur du changement et leur incohérence entre « on a le temps mais faut faire asap »
  • J’ai appris à ne pas répondre tout le temps « Yes and you ? » quand on me demande « How you’re doing ? »,
  • J’ai appris à dire « Cheers » pour tout et rien
  • J’ai appris qu’il y avait une différence entre le Café Latté (1/3 Lait + 2/3 Café) et le Flat White néo-zélandais (2/3 Lait 1/3 + Café) ☕

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